Carnet de route

Demi tour des Dents Blanches. Aux Dents Blanches, demi-tour !

Sortie :  Tour des dents blanches du 01/07/2016

Le 30/09/2016 par BESNIER Michel

Christiane et Bruno ont eu l’excellente initiative d’organiser un tour des Dents Blanches, au départ de Samoëns. Le massif resté à l’écart du monde, se situe à cheval sur la frontière franco-suisse, entre le Chablais et le Valais. Avec les Dents du Midi, le Tenneverge et le Mont Ruan, les Dents Blanches forment un univers très sauvage, fortement modelé par le plissement alpin, témoignant de poussées tectoniques de grande ampleur (les géologues parlent ici de nappes de charriage). Ici la nature est préservée, entre barres rocheuses, dents, pointes, pics, glaciers résiduels, lacs d’altitude et forêts d’épicéas, la présence humaine se limitant à des alpages d’estive, surtout dans la partie helvétique, comme celui de Barmaz.

Nous étions dix au départ de cette randonnée alpine, initialement prévue sur six jours, mais qui en définitive fut écourtée. En cause : la neige encore très abondante sur notre itinéraire en ce tout début d’été, ce qui nous avait fait prévoir en plus du matériel nécessaire au passage délicat des échelles, piolet et crampons, ce qui alourdit considérablement les sacs !

Après une montée facile vers le refuge de Bostan, lequel nous réserve un chaleureux accueil, nous enchaînons le lendemain matin pour une longue étape… entièrement sous la pluie ! La face nord très escarpée des Dents Blanches s’est donc dérobée à notre regard.  Malheureusement, Michel ne pouvant plus poser un pied à terre est obligé d’abandonner, de même que Pierrette, de telle sorte que nous ne sommes plus que huit pour poursuivre la randonnée. C’est bien trempés que nous arriverons à la Cantine de Barmaz. Curieux nom pour un refuge. En réalité, cette « Cantine » est un chalet d'alpage dont l'origine remonte à 1906, qui fut transformé au fil du temps en restaurant et en gîte. Nous avons pu apprécier la chaleur du lieu et la qualité de la « cuisine maison » élaborée à partir de produits locaux, qui compensent la tristesse de la météo du jour. Nous aurons de la compassion pour Monique, notre camarade du CAF de Perpignan, qui a préféré la tente au gîte.

En montagne, les jours se suivent sans nécessairement se ressembler, ce que prouve ce grand beau temps qui va nous accompagner tout au long de cette troisième étape.  Les brumes matinales se sont rapidement dissipées pour dévoiler enfin la majestueuse muraille des Dents Blanches qui dominent l’alpage de Barmaz. Après un sentier débonnaire à travers forêts et alpages, l’itinéraire jusqu’à la cabane de Susanfe devient plus sportif, avec un passage aérien câblé. Puis on pénètre dans l’ample cirque de Susanfe, encadré par le Grand Mont Ruan, au sud et les Dents du Midi, au nord. Bien qu’à seulement 2 000 mètres d’altitude, nous sommes dans une ambiance de haute montagne, puisque le cirque est entièrement couvert de neige, après les abondantes chutes des semaines précédentes.

C’est donc très circonspects que nous examinons l’itinéraire de l’étape du lendemain, lequel ne semble pas se trouver dans les meilleures conditions. En effet, pour franchir le col des Ottans, il faudra gravir une cheminée équipée d’une succession d’échelles, avant de mettre le pied sur un épaulement permettant d’accéder au col. Un passage certes aérien, mais qui ne présente pas de difficulté majeure en saison estivale. Beaucoup plus délicat, en revanche avec cette couverture de neige.  Certains d’entre nous ne sont donc pas très enthousiastes, d’autant qu’il y a aussi cette corniche de neige menaçante sur la crête. Nous voyons au loin deux alpinistes qui semblent redescendre du col avec difficulté et décidons de les attendre afin d’en savoir plus sur les conditions. Ceux-ci nous confirment que la neige et même la glace risquent de rendre délicate, voire dangereuse la progression jusqu’à l’épaulement. Arrivés au refuge de Susanfe, petite réunion au cours de laquelle nous examinons la situation et envisageons toutes les possibilités d’itinéraires alternatifs. Il faut se rendre à l’évidence, il n’y en n’a pas. Il nous faudra donc faire demi-tour le lendemain par le même chemin !

Nous referons donc en sens inverse les deux étapes précédentes en une seule journée. Cependant, à partir de la Cantine de Barmaz, le groupe va se séparer en deux : quatre d’entre nous reprendront directement le chemin du retour vers Samoëns, tandis que les plus courageux entreprendront la dure ascension du col de Bostan par le « Pas de la Bide » un passage très étroit dans le rocher, puis passeront une ultime nuit au refuge de Bostan.

Le groupe tout entier se retrouve le denier jour à Samoëns, chez Christiane, Bruno et Buddy leur très affectueuse chienne, autour de l’apéritif de l’amitié. Merci pour leur sympathique accueil. Merci à Louison et Bruno, les 2 GO. Grand merci aussi à Christiane qui a préparé la partie logistique de cette randonnée, mais qui n’a pu, malheureusement, y participer.

Ce ne fut donc qu’un demi tour des Dents Blanches. Ce n’est peut-être que partie remise pour un tour complet. J’ai aussi entendu parler d’un tour des Dents du Midi. Pourquoi pas, ce massif est magnifique et un peu à l’écart des sentiers traditionnels.

 

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