Carnet de route

Via alpina 2018

Le 14/09/2018 par Pratesi Michel

Le 16 août nous conduit à nouveau vers nos proches lointains sur la Via Alpina, là où nous l’avions quittée  l’an dernier. De nouvelles et belles étapes pendant 13 jours qui nous « conduisent» de Gsteig  dans le canton de Berne  sous  les versants sud des Diablerets   vers le  haut Valais ; la  vallée du Rhône  traversée,  nous  sommes sous les dents du Midi et les dents blanches, quittons la Suisse pour un « bref » passage en France par Samoëns et Chamonix pour rejoindre à nouveau la Suisse et rejoindre cette année la Tarentaise par le Grand Saint Bernard et  le val d’Aoste.

13 étapes qui nous séduisent par la diversité des paysages,  par les rencontres, par l’histoire qui nous rattrape, par l’accueil dans nos hébergements, par la  générosité appréciée des repas Valdotains. On en oublie les 220 kms, les 13 000 m de dénivelés habituels sur ce circuit de la via, le sac à dos un peu « encombrant » des 1ers jours pour passer à l’essentiel. 

Une 1ère étape sous les Diablerets nous invite déjà à utiliser les échelles et  autres cordes et échelles qui sécurisent la descente, pour nous,  du Poteu des Etales . Vers le lac de Derborance on « croise » l’écrivain romancier Ramuz qui écrivit un  roman sur  cette contrée dévastée au 18ème siècle par le terrible éboulement des Diablerets ; les énormes blocs descendus montrent l’ampleur de cette catastrophe. Le passage reste sensible cette année, certains secteurs sont interdits  à la randonnée …

A la cabane de la Tourche on croise Karine sa gardienne, qui  s’investit dans des projets humanitaires au Nepal dans le village sinistré de Langtang. De la cabane un panorama sur la vallée du Rhône qui nous sépare  des 7 sommets des dents du Midi déjà en vue. Un départ matinal un peu frisquet par un long  sentier  assez vertigineux qu’il vaut mieux « respecter ». Une collation au col  du Démecre et une descente à pieds et benne pour finir vers l’hôtel de la gare de Vernayaz. Un charmant accueil de  la propriétaire, de Marina,  des portugaises , là depuis plusieurs années.

Faute de transport collectifs vers notre étape du jour, un taxi nous conduit vers van d’en haut, de l’autre côté de la vallée (700m d’économisés) et le discours du chauffeur qui se plaint de la concurrence (tien en Suisse aussi) des immigrés Portugais qui cassent le marché  …. La « mondialisation » rattraperait aussi nos voisins !...

Passage sous les dents du midi et après la cabane du club alpin suisse de Susanfe et un arrêt chez le Français à la cantine de Barmaz inopiné ! … c’est pas que nous manquions de quoi dans notre sac… mais l’endroit vaut  la peine de s’y poser ; nous y avions logé l’an dernier au cours d’une randonnée « avortée » autour des dents blanches et n’avons pu résister.

Puis le col du cou nous ramène en France vers le refuge de la Golèse ; il est envahi par des hordes d’enfants  en colonie … nous sommes un peu surpris et circonspects ; comment va se passer la nuit ; nous avions dans les jambes une grosse journée …Dans notre dortoir de 20 couchages nous cohabitons …. Pas un bruit la nuit ; super nous allons récupérer. Demain…  nous allons faire un arrêt à Samoëns,  nous faire conduire (encore) au parking du Lignon et  de là poursuivre  à pieds vers Alfred Wills , le refuge des chalets d’Anterne ; nous serons sous les rochers des Fizz. Chalet rustique et encombré …bref c’est pour dormir. Nous y arrivons avant la pluie d’orage qui nous aurait surpris si nous n’avions pas eu une « conduite accompagnée » après le déjeuner..

Encore une grosse journée d’abord le col d’Anterne et la descente longue vers le pont d’Arlevé avec  à notre gauche l’envers des Aiguilles rouges ;  la vallée profonde de la Diosaz , boisée ,  inhospitalière une seule rencontre d’un couple de Canadiens  puis une longue, très longue montée vers   le col du  Brévent où on croise enfin …. des asiatiques (il y a une benne depuis Chamonix… sinon 1500 m à pieds). Nous , on poursuit par le balcon au dessus Chamonix  long .. très long même  pour arriver vers 18 h à l’hôtel de la Flégère où nous sommes attendus (c’est mieux).

C’est là que Louison et Bruno nous quittent et abrègent leur parcours ; c’était prévu.  Avec Claude nous allons poursuivre, rejoindre Vallorcine puis par le train (parfois à crémaillères)  rejoindre Martigny  et encore par d’autres trains et bus nous retrouver au pied du Grand Saint Bernard à Bourg Saint Pierre…c’est là que nous croisons l’histoire… nous sommes en 1800, Napoléon avec ses 47 000 hommes  vont passer le Grand St Bernard pour la campagne d’Italie ; le chemin est encore long et probablement coûteux pour les habitants … ce secteur était à cette époque dans le royaume de France et la dette envers les habitants n’a pas été payée sinon qu’en 1984 François Mitterand a offert à la commune une superbe médaille en « bronze » aujourd’hui  exposée à la mairie ; elle  semble avoir réglé tout différend avec la France… peut-être mais nos hôtes,  des Français qui tiennent l’auberge ne peuvent s’en faire l’échos … Il reste un fermier éleveur sur le secteur  et d’autres hôtels sur le passage des randonneurs de la via alpina, de la Francigena et du tour du Grand Combin.  Un 1er dîner Franco-Suisse ! filets de perche , gâteau aux amandes  verre de Fendant ! une pensée à nos amis partis trop tôt.

Le lendemain nous suivons les pas de Napoléon pour arriver sans difficultés à l’Hospice ; courte visite à la chapelle, à son trésor ; même pas le temps de s’arrêter à l’auberge, nous sommes devenus sages et nous descendons vers l’Italie et le val d’Aoste ; le village de St Rémy en Bosses nous accueille avec son relais Suisse ! mais nous sommes bien en Italie ; déjà les papilles s’en réjouissent  - célèbre jambon cru des Bosses, de la  pasta gratinée au four,du  poulet pimenté à la courgette, dessert glacé au café …. Grappa à la framboise offerte… ils savent vivre  nos voisins transalpins ! là encore pensée émue pour nos compagnons ; c’est bien la via alpina …. Une seule habitante  vit à l’année mais l’été la vallée vient se mettre au frais et le village est bien tenu… la messe du dimanche est faite par un chanoine  de l’abbaye qui descend..En hiver les skieurs de randonnées montent vers le col…

Mais il faut continuer demain se sera la descente vers le village de Vens ; un bout de route qui vient de la vallée… Mais avant un long et bon chemin qui nous conduit suite à interprétation du plan ! vers le sommet du mont de Joux , pas très haut 1979 m mais qui nous offre un panorama exceptionnel sur le Mont Blanc, les Grandes Jorasses (tel on ne peut l’imaginer quand on passe à Courmayeur)  et le Grand Paradis ; un rare instant de plaisir qu’on ne peut que vivre sur ses sentiers un peu « perdus » … mais ensuite  Claude devra à nouveau utiliser des mains courantes sur un sentier bien protégé.

Faut-il encore parler du repas du soir ; je ne peux m’en  empêcher … antipasti qui l’en finissait pas : allez encore un effort de lecture –je traduis  jambon cru et lard gras d’Arnad , petites tommes épicées  et noix de ricotta, carpaccio de bœuf en sauce, châtaignes au beurre  ensuite 1er plat gnocchi ou  ravoli …gelatti…..faut bien se tenir à table sinon on a du mal à repartir le lendemain ; il nous fera redescendre vers le val d’Aoste par des sentiers sympa et des mini villages avec quelques grappillages de raisins , de prunes, de framboises sauvages ..suite une longue traversée en balcon  et ascension vers le fond du valgrisenche et la recherche en « montagne » de notre logis à Boone … un peu lointain mais qui rapprochera de notre prochaine étape. Je ne vous parlerai pas de notre repas du soir mais j’ose à peine dire que le petit déjeune fût royal….Derniers jours il nous faut rejoindre le refuge de l’Archeboc par une montée au lac de St Grat 2460 m ; il est situé sous le Ruitor magnifique et le glacier de Saint Grat ; quelques autres randonneurs y seront aussi dans une ambiance haute montagne… mais le mauvais temps se profile au dessus du col du Mont ; il faut se hâter et se couvrir à temps pour remonter encore 500 m ; nos vêtements de pluie sont bienvenus ; on les aura traîner jusque là au moins pour éviter une bonne rincée.. Passage du col sous un ciel qui s’est dégagé et descente vers le refuge.. Nous sommes en France et je ferai grâce du repas du soir qui fut « normal » .Très bon accueil de Véronique dont la famille tient ce refuge depuis 3 générations ; proximité d’un alpage d’ailleurs bien occupé par des troupeaux ; nous avons rejoins l’AOC du Beaufortain ; un plaisir de retrouver une vie pastorale en France  alors que les alpages côté italien nous paraissaient abandonnés.

Dernier jour enfin ; merci d’avoir lu jusque là : nous descendons par PR vers Ste Foy en Tarentaise où un taxi nous ramène vers Bourg St Maurice puis bien plus tard en soirée vers Troyes.

Merci à Louison, Bruno et Claude avec lesquels j’ai partagé cette virée sur la Via en attendant une autre année… sûrement    Michel

 

 







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