Carnet de route
Le Domaine des Dieux
Le 07/06/2016 par J2M
La Crête une terre propice aux plaisirs des dieux et aux nôtres…
Nous étions 12 cafistes à l’aéroport d’Héraklion où nous accueillait Chryssa avec miel et sachet de plantes aromatiques pour chacun ; elle nous transmettait les tablettes des oracles qui allaient, page après page, nous guider sur les sentiers empruntés bien avant nous par les dieux et leurs serviteurs. Au fil des jours nous allions découvrir la nature tourmentée encore sauvage qu’ils ont façonnée, profiter de la gentillesse et de l’amabilité qu’ils ont insufflées à leurs descendants et goûter aux plaisirs qu’ils ont si bien sublimés en commençant par la cuisine. Chryssa nous avait en effet recommandé une taverna bien hors du quartier touristique: salade grecque, tzaziki, feta, escargots, feuilles de vigne farcies 1er Ouzo et 1er Raki (à ne pas confondre avec le tzikoudia pour les connaisseurs).
Cap au Sud-Ouest
Le lendemain c’est une journée de bus pour Paléochora départ de la randonnée. 1er arrêt à La Canée sous la pluie qui n’enlève rien au charme de cette vieille ville fortifiée, on se dérouille les jambes au passage pour un point de vue depuis un monastère construit sur un piton, pour aller sur une langue de sable qui mène à une île par mer calme.
Baignade et rando
C’est parti avec cette première étape de la rando pour rejoindre Sougia : marche côtière sur le sentier européen E4 souvent escarpé où il faut choisir, marcher ou regarder ; les arrêts sont donc fréquents pour apprécier cette côte où alternent falaises, ravines, gouffres, voire ruines romaines et bien sûr criques pour une première baignade, autre plaisir dans cette mer de Lybie transparente, turquoise au bord et d’un bleu intense au-delà.
Les jours suivants nous avons descendu la gorge d'Aghia Irini au milieu des lauriers roses et des grandes serpentaires magnifiques arums pourpres, (on pense à Essendilène par moment), atteint le sommet du Mont Gingilos ou Trône de Zeus par un sentier spectaculaire et une belle arrivée rocheuse puis descendu la gorge de Samaria très belle mais aussi très fréquentée. Baignade réparatrice en attendant le ferry pour Loutro qui n’est desservi que par la mer.
L’arrivée à ce petit village blanc blotti dans le creux de la baie aux eaux très bleues se détachant sur les montagnes arides a été magique avec dîner et petit déjeuner sur la terrasse de notre hôtel situé directement sur le quai. Une petite journée de repos nous a permis de profiter de la plage de Sweet Water après une courte rando.
Des ténèbres au firmament
Nous quittons cette belle étape à l'accueil quasi familial par le sentier qui mène à la plage de Marmara puis remontons la gorge d'Aradéna. Le ciel couvert et la crainte d’un orage dans la gorge ne nous permettent pas de profiter de cette dernière occasion de se tremper dans la mer de Lybie. Nous cheminons émerveillés dans cette vallée encaissée où nous sommes seuls avec quelques chèvres escaladeuses. De gros blocs de rochers barrent souvent le chemin que l'on contourne, escalade ou même grimpe par une échelle. C'est la plus sportive des gorges que nous avons parcourues. A la fin, nous empruntons le lit très très étroit de la rivière à sec coincé entre deux falaises verticales reliées par un pont à 150m au-dessus de nos têtes pour ressortir par un sentier bien escarpé au pied d’une chapelle qui domine cette gorge : c’était magique, on était passé des profondeurs des ténèbres à la lumière éclatante du soleil; pour ces dieux même les ténèbres devaient être belles et surtout pleines d’espoirs!!!
Ah ce bon vieux farceur de Poséidon !
Nous passons à l'ancien village abandonné d'Aradena pour se diriger vers notre ultime étape à Agios Ioannis, petit hameau perdu dans la montagne. Antonis et Ana nous accueillent dans leur gîte aux jolies chambres confortables. Mais Poséidon nous joue un sale tour , nos sacs sont restés sur le bateau coincé à Loutro pour cause de tempête. Adieu brosse à dents, brushing, lingerie fine et tenue de soirée !!!
La cuisine d'Ana, simple et savoureuse, utilise les produits de leur élevage de chèvres et de leurs ruches. Sur les conseils d'Antonis une rando nous fait découvrir cette Crète montagneuse et caillouteuse où apparaissent encore des traces d'une vie agricole aujourd'hui en grande partie disparue.
Enfin une dernière journée à Héraklion avec visite du site de Cnossos et du musée archéologique en compagnie d'une guide captivante a clôturé notre découverte de cette belle île.
Ce n’est pas un hasard si Zeus est né ici (on est même monté sur son trône) et s’il a choisi d’y revenir pour consommer son amour pour Europe ; Sûrement un enchantement cette lune de miel… de Crête bien sûr.


